LA PONCTION...

AVANT







APRES




Samedi 22 Octobre 2011,

6h du matin, le réveil sonne.
Malgré une nuit sans sommeil, il faut se lever et comme un automate, aller sous la douche.
Car, pour ceux qui ne prennent pas de douche quotidienne, il est bien précisé sur la fiche de pré-admission qu'il faut en prendre une, un peu comme il est précisé sur le mode d'emploi des mousses à raser qu'il faut d'abord enlever le capuchon...
Je profite donc de cette douche pour parfaire mon épilation intime et corporelle.
J'enlève tous mes bijoux, ceux que je n'enlève normalement jamais: ma bague de fiançailles, la chaîne et son pendentif symbolisant mon grand-père, une bague 2 ors offerte pour mes noces familiales.
Je me sens nue...

Il fait encore nuit lorsque nous partons pour la clinique St Roch à Montpellier.
Je suis stressé...
J'ai une pensée pour mes parents que j'ai eu au téléphone la veille et leurs petits mots gentil.
Maman me parlait de femme à femme et Papou toujours comme un père à sa fille.
C'était touchant...
Voilà je pleure, les larmes coulent sur mes joues sans que je ne puisse les retenir...
Allez, ça suffit, c'est une bonne chose que cette ponction, je ne dois pas pleurer!

7h45, nous voici arrivés.
La dame de l'accueil est très gentille mais elle me prend d'abord pour une infirmière et me demande si je viens pour avoir mon ticket repas. Comprenant sa méprise, elle me demande alors si c'est pour une FIV.
J'acquiesce un peu surprise. Ca se voit tant que ça?
Les formalités administratives achevées, nous nous rendons à la chambre 220F, une chambre double du service de chirurgie ambulatoire où l'on m'attribué le lit côté fenêtre ce qui explique la lettre F accolée au numéro de chambre.
Je me déshabille et enfile un peignoir de papier bleu marine en prenant soin de mettre l'ouverture dans le dos.
C'est à nouveau l'attente...
Les draps sont froids...
C'est long...

8h45, on vient me chercher.
Réduction des budgets obligent, ce n'est pas un brancardier qui m'emmène mais une aide-soignante qui a un peu de mal à manipuler ce grand chariot dans lequel je suis allongée!
Direction le bloc, l'infirmière s'appelle Clarisse, elle aussi est gentille. Elle m'explique que s'il fait froid, c'est pour éviter la prolifération des microbes mais que je ressens ce froid plus fortement du fait que je sois à-jeûn.
L'anesthésiste arrive à son tour et m'installe le cathéter. Il le fait mal et maintenant chaque fois que l'on y touchera ce sera sensible...
Le Dr Gérard Pélliccia arrive et se contente de me dire bonjour. Il me regarde droit dans les yeux, on dirait qu'il attend autre chose de moi qu'une simple réponse à son bonjour, mais je ne sais pas quoi, alors je ne dis rien et il se détourne.
Je les écoute parler de travaux sur Montpellier, du rond point du M, Clarisse leur explique qu'habitant à Frontignan, ces travaux l'arrangent...

9h20, je me réveille.
Je suis en salle de réveille, il fait froid comme toujours, j'ai mal, ça tire...
Est-ce qu'il y a quelqu'un? Je lève péniblement la tête. Elle me parait lourde.
Une aide-soignante me voit et s'approche. Je lui demande aussitôt combien d'ovocytes ont été prélevés mais elle n'est au courant de rien. Elle ne savait même pas que j'avais fait une ponction!
Manque de communication (ou de considération) entre les services.
C'est dommage, je n'ai pas su son nom mais elle aussi était gentille, pleine de sollicitude.
Je lui dis que j'ai mal et elle me donne un calmant sous perfusion.
40mn plus tard ça ne m'a toujours pas soulagé, je me sens nauséeuse et j'ai vraiment froid.
Elle me met un autre calmant, plus fort, et me rajoute un duvet.
Ca va mieux.
Un appareil prend automatiquement ma tension tous les quarts d'heures. Elle est stable et plutôt bonne, on me remonte donc dans ma chambre.

10h40, retour chambre 220F.
Mon Chéri d'Amour est là qui m'attend.
L'aide soignante lui demande de sortir le temps de m'installer et il en profite pour envoyer un texto à mes parents pour leur dire que je suis sortie du bloc et les rassurer.
Nous apercevons sur ma tablette, deux croissants et un ourson en chocolat.
Elle me dit que j'ai de la chance, que je suis gâtée, qu'elle ne voit pas ça souvent et que je dois en profiter tous les jours!
C'est vrai, j'ai de la chance: Mon Amour est un amour!
J'ai également droit à un vrai petit déjeuner de la part de la clinique avec petit pain, beurre et confiture. Décidément, je suis vraiment gâtée!
Il faut encore attendre, alors mon homme me décrit ce qu'il a fait en mon absence. Son prélèvement dans son petit flacon mais qu'il n'avait pas droit aux lingettes cette fois pour ne pas nuire au contenu.
Il me raconte également qu'il s'est vu confier la mallette contenant mes ovocytes. C'est donc lui qui les a portés au centre PMA au 3ème étage. Il a même assisté à la sélection (à travers une vitre, bien-sûr!).
C'est ainsi que j'ai su qu'il y avait eu 11 ovocytes de prélevés et 10 de sélectionnés!

12h, fin de l'observation.
Dernier relevé de tension, je suis à 11/6, on m'enlève le cathéter et je signe la feuille de sortie.
Je peux donc me rhabiller et nous repartons.
Une fois dans la voiture, je fais un dernier effort pour appeler mes parents et les rassurer de vive voix avant de m'assoupir pour toute la durée du trajet.
Une fois de retour à la maison, je file au lit sans demander mon reste et dors jusqu'à 17h.

17h, j'émerge.
Disons plutôt que la douleur me réveille. Je n'ai que du Doliprane 1000 pour la calmer et ça ne me suffit pas.
Sur les conseils avisés de ma mère, mon chéri m'achète une bouillotte et me la remplie d'eau bouillante pour me soulager.

Il ne reste plus qu'à attendre l'appel du centre demain (ils appellent même le dimanche) pour savoir si nous avons des embryons...

LE TRAITEMENT !!!





Le 27 Septembre 2011,

Enfin le début du protocole, la fin d'une longue litanie signée par une piqûre de Gonapeptil administrée par Aurore ma voisine et sage-femme que j'ai mandaté pour le traitement.

Cette piqûre a pour but d'empêcher l'ovulation de se faire naturellement.
Il faut donc attendre (eh oui, encore!) 2 semaines pour vérifier par échographie et prise de sang que le blocage s'est bien produit.

Dès lors, nous enchaînons le soir même par une longue série de piqûres quotidienne comprenant 3 ampoules de Ménopur en poudre (225ui) et 1 ampoule de solvant pour le diluer.
Une stimulation hormonale tous les soirs en injection sous-cutané dont le but est cette fois de doper le travail des ovaires afin d'obtenir le plus de follicules possible.

Visite de contrôle à J8 par échographie et prise de sang (eh oui, encore une piqûre!).

Il faut encore poursuivre le traitement 2 jours de plus et refaire un contrôle...
Verdict, 11 beaux follicules de 14 à 20mm légèrement plus développés à droite qu'à gauche!

On poursuit donc par une dernière piqûre un peu moins dosée: 1 seule ampoule de Ménopur et son solvant (soit 75ui) pour finaliser.

Jeudi soir (le 20 Octobre 2011) à 21H30 précise, c'est la piqûre de déclenchement qui permet aux follicules d'arriver à maturité en vue de la ponction qui doit avoir lieu très exactement 35H plus tard...